#coronavirus #COVID19 Coronavirus : le moment de vérité approche pour les vaccins – Les Échos

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Publié le 24 oct. 2020 à 10:57Mis à jour le 24 oct. 2020 à 11:25

La tension monte au fur et mesure qu’approche l’annonce des premiers résultats de Phase III des vaccins contre le Sars-Cov2. On devrait savoir courant novembre si les vaccins de Moderna et Pfizer/BioNtech sont efficaces et sûrs. Le 16 Octobre, Pfizer annonçait, dans une lettre ouverte de son président Albert Bourla, qu’il avait recruté les 30.000 participants requis.

A peine une semaine plus tard, c’était au tour de Moderna d’atteindre le quota. En cas de résultats positifs, une soumission aux autorités américaines pourrait intervenir d’ici à fin novembre, et une autorisation d’urgence serait possible avant la fin d’année.

Production déjà lancée

Sans attendre, Pfizer a commencé la production en Belgique de centaines de milliers de doses de vaccin qui seront stockées jusqu’au feu vert des autorités, et Moderna pousse aussi les feux. Selon Moncef Slaoui, qui dirige l’opération Warp Speed coordonnant les essais sur les vaccins aux Etats-Unis, entre 20 et 40 millions de doses seraient ainsi prêtes pour débuter la vaccination des groupes à risques à la fin de l’année. Et, en janvier, ces stocks passeraient à 60 à 80 millions de doses, avec une vaccination pour tous l’été prochain.

Reprise des essais pour AstraZeneca et J&J

Les vaccins ARN devancent aujourd’hui ceux d’AstraZeneca et surtout de Johnson & Johnson, qui avaient été interrompus, le temps de déterminer si les symptômes apparus chez certains participants avaient un lien ou non avec leurs vaccins. Celui d’AstraZeneca a cependant déjà redémarré en Grande-Bretagne, où il pourrait obtenir le feu vert des autorités de santé en fin d’année pour les personnes à fort risque. Les Etats-Unis ont donné vendredi leur autorisation à la reprise des deux essais.

D’après certains analystes, l’annonce de premiers résultats serait possible à la mi-novembre si l’efficacité atteint 60 %. S’ils sont plutôt de l’ordre de 50 %, AstraZeneca pourrait attendre plutôt fin décembre, en espérant que ce taux s’améliore.

Deux scénarios

Car, jusqu’ici, seul le scénario le plus optimiste, débouchant sur un contrôle de la pandémie en décembre 2021, a été envisagé. Or un certain nombre d’experts sont beaucoup plus réservés. Et le Boston Consulting Group a élaboré un scénario alternatif moins optimiste, débouchant sur une maîtrise de l’épidémie seulement à l’automne 2022.

Pour cela, différentes hypothèses tout à fait plausibles ont été envisagées, telles qu’une protection vaccinale ne dépassant pas 50 %. Dans ce cas, les autorités devront décider en zone grise. Vaudra-t-il mieux vacciner, malgré tout, les personnes les plus exposées, comme le personnel soignant, ou attendre de meilleurs résultats en prolongeant les essais ?

Atténuer la maladie

L’interprétation des résultats cliniques pourrait aussi s’avérer difficile si les essais sont prolongés et que les participants ne se soumettent pas à la seconde injection ou au suivi. J & J, qui doit administrer deux doses et veut recruter 60.000 personnes, a ainsi fait part de ses inquiétudes, au cas où un premier vaccin serait rapidement autorisé, décourageant le public de participer plus avant. La possibilité que les vaccins atténuent la maladie mais ne l’empêchent pas serait une autre source de complications pour l’analyse des résultats. Enfin, un approvisionnement chaotique n’est pas non plus à exclure.

Et il reste une dernière inconnue. La population sera-t-elle disposée à se faire vacciner ? Un sondage Gallup réalisé récemment aux Etats-Unis montre que seulement 50 % des personnes y seraient prêtes aujourd’hui, contre 66 % en juillet. Les pressions exercées par le président américain pour se prévaloir d’un vaccin avant son élection ont créé une inquiétude.

Afin de tenter de rassurer, un Etat comme la Californie a indiqué qu’il allait constituer son propre comité d’experts indépendants pour revalider les vaccins approuvés par les autorités fédérales, avant qu’ils ne soient administrés à la population. Un sondage de ce type, réalisé au printemps dernier, indiquait qu’un quart des Français n’était pas prêt à se faire vacciner.



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