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2e vague du coronavirus en France : le gouvernement s'y prépare

Avec le déconfinement plane le spectre d’une seconde vague de l’épidémie de coronavirus. Comment le Gouvernement se prépare à cette menace potentielle ?

[Mis à jour le 06 mai 2020 à 15h17] Le 11 mai prochain, la France amorcera un déconfinement progressif et différencié selon les départements. Jean Castex, coordonnateur national à la stratégie de déconfinement, a prévenu ce mercredi 6 mai, lors d’une audition devant le Sénat : « Compte tenu que tout cela va se décliner dans les territoires », il faut s’attendre à « quelques jours de calage ». Le maire Les Républicains, missionné par le gouvernemnet, a averti : « Le comportement de nos concitoyens est la clé de la réussite, de la victoire un jour contre cette pandémie. Il me semble observer un petit relâchement et ce n’est pas bon parce que si ça se prolonge en phase de sortie de confinement, si on ne respecte par les gestes barrières (…), on risquera la rechute. » Afin d’anticiper une possible deuxième vague, Jean Castex a « proposé que soit également prêt un plan de reconfinement ». Toutefois, l’élu a expliqué : « Si on ne fait pas bien les choses, les concitoyens comme les pouvoirs publics, on peut passer la marche arrière mais nous faisons tout pour passer au contraire la marche avant. »

La gestion des transports publics, à la levée du confinement, est le sujet « le plus délicat » surtout dans les « très grosses collectivités et en particulier en Ile-de-France ». Selon Jean Castex, « le maître mot est progressivité ». L’énarque a rappelé l’importance d’amplifier le télétravail et de mettre en place des horaires aménagés. Enfin, pour les écoles, le coordinateur a tempéré :  » Si toutes les écoles de France ne rouvrent pas exactement le même jour, dans les mêmes conditions dès lors que les règles sanitaires sont respectées, eh bien si dans telle commune il faut trois jours de plus, on prendra trois jours de plus.  » Jean Castex a conclu : « L’intérêt c’est que la machine redémarre, doit-elle redémarrer le 11 mai pile ? Non. »

Des risques sérieux de 2e vague en France

L’Institut Pasteur a récemment alerté sur les risques : dans une modélisation, l’établissement a démontré que d’ici au 11 mai, date de fin du confinement, 6% de Français seraient immunisés. Or, le taux nécessaire à l’immunité collective – pour que le virus s’éteigne de lui-même – est de 70%. L’Institut a estimé dans un communiqué que « des efforts importants devront être maintenus au-delà du 11 mai pour éviter une reprise de l’épidémie » et le gouvernement a déjà fait savoir que la « stratégie de l’immunité collective » était exclue. C’est en réalité sur les gestes barrières et les mesures pour que la distanciation sociale perdurent que mise le gouvernement.

Les experts expriment toutefois des avis un divergent sur l’ampleur de la résurgence du Covid-19. « Il est clair que si toutes les mesures de contrôle sont relâchées au 11 mai, on s’attend vraiment à ce qu’il y ait une reprise épidémique et une crise sanitaire de la même nature que celle qu’on a vécue », alertait le 21 avril, sur BFMTV, le professeur Simon Cauchemez, co-auteur de l’étude de l’institut Pasteur. « Nos premiers travaux montrent qu’une stratégie d’endiguement appliquée pendant un mois, réduisant le R0 de 90 %, provoquerait certes un déclin sur le moment de l’épidémie, mais serait suivie d’un rebond après la levée du contrôle », abondait Samuel Alizon, chercheur au CNRS, auprès de Mediapart le 5 avril.

Pour la virologue Anne Goffard, qui s’exprimait sur France Inter le 3 mai, le virus ne constitue plus une menace collective majeure pour le moment, mais le danger n’est pas pour autant effacé. « Pour revoir le virus circuler dans la population française, il va falloir attendre plusieurs semaines, voire plusieurs mois », a-t-elle indiqué, ajoutant que les études récentes laissaient entendre que la propagation du coronavirus allait générée « probablement » une 2e vague « au plus tôt fin août », ou bien « plus tard dans l’automne, en octobre ou en novembre ».

En désaccord totale avec cette analyse, le professeur Raoult a estimé sur sa chaîne Youtube le 29 avril que « cette histoire de rebond, c’est de la fantaisie ». Le médecin marseillais, très critiqué pour ses études effectuées hors de toute rigueur méthodologique sur la chloroquine,  analyse ainsi la propagation de la maladie en France : « On a eu un pic et depuis, on a une décroissance continue. C’est une courbe en cloche, typique des épidémies. La plupart du temps, ça se passe en une seule courbe ». Et d’ajouter : « Les épidémies commencent, s’accélèrent, culminent – c’est le moment maximal de transmissibilité – puis elles diminuent et disparaissent, et on ne sait pas pourquoi. »

Jusqu’à présent, on tenait pour acquis qu’une personne contaminée par le virus développait des anti-corps et se trouvait immunisée. Oui mais… Le centre de contrôle des maladies infectieuses de Corée du Sud, en première ligne contre le coronavirus bien avant l’Europe, a publié des nouvelles inquiétantes. Sur 7329 cas de patients contaminés qui avaient terminé leur quarantaine et avaient été testés négatifs, 163 (soit 2,1%) ont été testés positifs une nouvelle fois. En moyenne, le virus a été retrouvé chez ces patients après 13,5 jours. Pour l’un d’entre eux, la durée qui a séparé la fin de la quarantaine et le retour du virus a été de 35 jours. Environ un tiers des patients testés positifs une seconde fois concernait de jeunes adultes âgés d’entre 20 et 30 ans. L’explication à ce retour du virus n’est pas encore certaine selon les scientifiques. Il pourrait s’agir de tests qui n’auraient pas bien fonctionné, indiquant qu’un patient était guéri alors qu’il ne l’était pas. Autre explication : le virus pourrait se « cacher » dans l’organisme, à des endroits où les prélèvements ne sont pas effectués. Il pourrait alors « hiberner » et revenir plus tard. D’autres virus ont ce comportement, comme Ebola qui reste transmissible sexuellement pour des patients guéris ou même la varicelle qui peut revenir à l’âge adulte après une maladie enfant. La dernière possibilité pour expliquer ce retour du virus, qui serait la plus effrayante, serait qu’il pourrait se réactiver. Selon Michael Kinch, directeur du Centre for Research Innovation in Biotechnology and Drug Discovery at Washington University à St Louis aux Etats-Unis, ce n’est pas une réactivation à proprement parler qui se produirait mais une nouvelle contamination. En présence d’une autre personne contaminée, un patient guéri serait à nouveau infecté. La raison ? Les patients trop légèrement touchés ne créeraient pas suffisamment d’anti-corps pour pouvoir empêcher un retour du coronavirus en cas de nouvelle exposition.

Les données de Corée du Sud ont relancé la question de savoir si un patient guéri du coronavirus est automatiquement immunisé. Mike Ryan, directeur exécutif chargé de la gestion des situations d’urgence sanitaire de l’OMS a quant à lui déclaré qu’il n’est pas sûr que la présence dans le sang d’anticorps contre le coronavirus permette d’éviter une nouvelle contamination. Le Covid-19 est le troisième coronavirus a se répandre sur la planète après le SRAS et le MRES.  Des études ont été réalisées pour ces deux prédécesseurs. Etre infecté par le SRAS donnerait au patient une immunité d’environ deux ans.  Pour le MRES il s’agirait de trois ans. Ces deux études nous apprennent qu’une immunité est possible… mais pas illimitée. Les scientifiques pensent que la force de la maladie pourrait induire la puissance de l’immunité. Des patients ayant développé des symptômes légers auraient ainsi une quantité d’anti-corps réduite. Ainsi, un quart de 175 patients chinois ayant eu peu ou pas de symptômes ont développé une réponse immunitaire très faible.

En Chine, alors que les mesures de confinement ont été levées à Wuhan, berceau du coronavirus, les autorités sanitaires font preuve de beaucoup de vigilance après les inquiétudes nées de nouvelles contaminations enregistrées dans la province du Heilongjiang, près de la frontière russe. La capitale de la province, Harbin, a même été contrainte de remettre en place des mesures de contrôle dans certains quartiers. Ces nouveaux cas sont issus de contaminations dites importées, car désormais, les foyers épidémiques les plus importants se situent ailleurs qu’en Chine. Et beaucoup en Russie. Toutefois, en quelques jours, des cas « locaux » ont été rapportés. Les chiffres sont très faibles : 10 cas un jour, 12 un autre. Mais l’existence de ces cas pose question. Sont-ils le résultat de contaminations via des cas importés ou subsiste-t-il des foyers en Chine, près à reprendre feu après la réouverture du pays ?

Ville-Etat, Singapour avait réussi dans un premier temps à contenir la propagation du virus grâce à une stratégie de contrôle très stricte et de traçage des contacts avec les personnes infectées. Le 8 avril, elle ne comptait ainsi que 142 nouveaux cas dans la journée et 6 morts depuis le début de l’épidémie. Mais tout s’est emballé depuis le 15 avril.  Les autorités sanitaires du centre financier d’Asie du Sud-Est ont annoncé lundi 20 avril 1426 nouveaux cas de personnes contaminées par le Covid-19. Le nombre de nouveaux cas a bondi dans le pays depuis que des campagnes de tests ont été lancées dans les foyers surpeuplés où vivent les travailleurs migrants, souvent dans des conditions insalubres. Le Premier ministre du pays avait averti que le nombre de travailleurs migrants contaminés par le virus était susceptible d’augmenter fortement à mesure que les campagnes de tests seraient déployées. En conséquence, les autorités ont ordonné la quarantaine pour des dizaines de milliers d’ouvriers et déplacé une grande partie d’entre eux vers des logements moins denses, afin d’éviter une propagation plus grande. Et Singapour, qui avait déjà fermé ses frontières aux non résidents, s’est résolu à fermer temporairement les écoles et les entreprises non essentielles. Bref un confinement après l’heure.

Devant le Sénat le 15 avril dernier, Jean-François Delfraissy, le président du Conseil scientifique, prévoyait entre 10 000 et 15 000 nouvelles contaminations par jour une fois le déconfinement mis en place en France. Ces derniers jours, les bilans journaliers du ministère de la Santé font état de 400 à 2 500 nouvelles contaminations quotidiennes… D’où la nécessité d’un plan de sortie de confinement très étudié, que le gouvernement doit rendre public fin avril. L’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), dans une étude mise en ligne le 12 avril, insistait sur le fait qu’il va falloir maintenir la distanciation sociale après la fin du confinement. « La levée du confinement sans stratégie de sortie entraînerait une deuxième vague submergeant le système de santé », avertissait l’institut, surtout que pour l’heure et pas avant « mi-2021 », selon le Premier ministre Edouard Philippe, aucun vaccin contre le Covid-19 n’a été trouvé et commercialisé. Et mauvaise nouvelle, pour l’heure, les experts considèrent que seul un vaccin permettra vraiment d’en finir avec le coronavirus.

Le déconfinement a débuté autour du 23 avril en Allemagne, le pays se préparant à une seconde vague épidémique de coronavirus. Lars Schaade, directeur adjoint du Robert Koch Institut, l’agence chargée du contrôle des maladies, a prévenu qu’il existait un « danger fondamental » que les infections redémarrent « si l’ensemble des mesures restrictives sont supprimées de manière précoce ». Des propos confirmés par la virologue Melanie Brinkmann dans le Spiegel. « Nous allons avoir une seconde vague qui sera plus dure que la première » si le pays prend « à la légère » le déconfinement, avertit-elle. Alors, pour pallier ces risques potentiels, les hôpitaux allemands gardent 20% des lits avec assistance respiratoire disponibles. Gerald Gass, président de la société allemande des hôpitaux DKG, a confirmé à l’AFP que 20% de lits supplémentaires doivent être mobilisables « en 72 heures si une deuxième vague arrive et que les infections reprennent largement ». 

Dans une interview au Washingon Post, le directeur du centre des maladies infectieuses américain, s’est dit pour sa part très inquiet d’un retour du Covid-19 cet hiver. Il estime qu’un cocktail entre la grippe saisonnière et le coronavirus serait détonnant. Surtout que le confinement a eu un autre effet inattendu : il a mis fin à la grippe saisonnière avec environ 1 mois et demi d’avance. Hors c’est la fin de la grippe saisonnière au printemps qui permet aux modèles épidémiologiques d’anticiper la prochaine vague. Et donc de concevoir des vaccins adaptés, incluant la protection contre les virus « du moment ». En effet, si elle est dénommée chez année « grippe », cette maladie est en effet causée chaque année par un ou des virus différents. Tout le travail des scientifiques est d’estimer au printemps quels seront les virus qui seront présents six mois plus tard et de les inclure dans le vaccin annuel. Faute d’informations fiables, le vaccin pourrait être cette année beaucoup moins efficace car risque de ne pas cibler tous les virus circulant. L’engorgement du système de santé aux Etats-Unis provoqué par une grippe sévère et un Covid-19 de retour serait bien pire que ce qui a été connu entre mars et avril.



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